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Jamendo… Le Temps s’écoule, docile et serein… Quelle époustouflante progression depuis toutes ces années! Je me souviens d’une conversation téléphonique, peut-être en 2004, avec un certain Sylvain Zimmer, à propos du concept qu’une petite équipe à mis au point. Nous parlons évidemment de licences Creative Commons, de libre diffusion sur internet, de l’implication des auditeurs et des auteurs, des récents évènements. A cette époque, tout ceci m’interpelle au plus haut point. Il faut dire qu’avec le groupe, que nous avons formé en 2003, en juillet, nous avons presque immédiatent adopté une licence (un contrat dirait-on aujourd’hui) Creative Commons. Celle-ci n’est pas traduite, encore moins adaptée au droit d’auteur français, mais peu importe. Nous avons au moment où nous la découvrons l’intuition que c’est exactement l’outil dont nous avons besoin pour diffuser nos oeuvres.

Depuis toujours, nous avons sous les yeux de l’âme les grands espaces, montagnes comme plaines, éthers comme océans. Nos routes, chemins, voies, sont toujours parcourues librement, sans aucune contrainte d’aucune sorte. A l’interieur, d’abord, puis en pratique. Pas autrement que librement, telle pourrait être une devise du début… La libre diffusion, que nous découvrons tardivement puisque jusque là, à part l’épisode de 98, nous ne cherchions pas la diffusion, nous correspond en tous points. Nous n’avons pas choisi de diffuser librement nos morceaux. Nous avons simplement continué d’oeuvrer, simplement, comme on continue de suivre le sentier de montagne, ou le chemin qui sinue dans la plaine.

Creative Commons. Le Bien Commun.

Music 3.0, Paris Mairie du III°. A la fin de la rencontre, une maman de l’un des “cinq condamnés de Meaux” (qui se souvient de cela?) vient me trouver, me dit qu’elle ne savait pas que l’on pouvait écouter et télécharger légalement. Son fils est en garde à vue prolongée, les “forces du désordre” ont débarqué chez eux à 6h00 du matin, saisie disque dur, garçon embarqué. Elle pleure, limite dans mes bras. Madame, j’espère que vous avez informé votre garçon de l’existence de la (trés) vaste Libre Diffusion, et qu’il en a informé d’autres à son tour. Voilà, il a suffit d’une maman pour que notre implication, notre démarche soit justifiée. Du reste, je n’avais personnellement pas besoin de justification. Same as today.

Lancement des contrats Creative Commons à Turin. Lawrence Lessig, dans sa présentation, évoque l’analogie du champ, qui, s’il est indéfiniment rempli de troupeaux, finit par s’épuiser, totalement. Le champ, c’est la Terre. Les troupeaux, ce sont des troupeaux d’humains, souvent entassés. trop c’est trop. Ici ce n’est pas tant le champ lui-même qui s’épuise, il en faudrait plus pour épuiser une Planète (!), que la possibilité du champ pour une espèce donnée. Exactement comme les T-Rex, les humains qui dévorent d’autres humains disparaîtront, définitivement ou pas, qui peut savoir?

C’est pourquoi, aussi, depuis le début, et bien avant, il y a la recherche de l’alternative. La Liberté en Pratique.

E.L.L.E.: Ecologie Pratique, Logiciel Libre, Libre Diffusion, Energie Libre

Voilà en quelques mots, le champ en question. Pourquoi? Peut-être est-ce une façon, en même temps que la publication de notre EP 2009 ici, sur Dogmazik et ailleurs, de clore une période pour en commencer une autre. Nous sommes fiers de ce que nous avons enregistré. Nous sommes fiers de vous le confier; à l’écoute, en chemin, en liberté totale.

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